Au début, quand je suis arrivé à Nancy, je pensais que la beauté de cette ville se limitait à la place Stanislas, la pépinière et le quartier de la vieille ville.
Il est vrai que c’est une ville qui s’est enlaidi autant en son centre que sa banlieue : la faute à une architecture moderne cubique et fade.
En me promenant à Nancy, j’ai pu remarquer une jolie villa dans un style que je n’avais jamais vu : l’hôtel particulier Bergeret.

Je me suis donc renseigné sur la personne à l’origine de cet ancien hôtel : Lucien Weissenburger (1860-1929).

Lucien Weissenburger : un architecte Art Nouveau
Ce fut l’un des architectes les plus influents de l’Art nouveau et de l’Ecole de Nancy.
A savoir premièrement que l’Art nouveau est un style post-industrialisation s’inspirant de la nature, de l’asymétrie et des courbes féminines pour créer de l’art pour tous.
Weissenburger, passé ses 17 ans, a très vite imposé son bas goût stylistique à Nancy via l’agence de Charles André. Il a également côtoyé l’illustre Majorelle (donnant son nom à la villa Majorelle, le musée le plus populaire de Nancy) et a participé à la construction de sa villa.

Il a eu une carrière forte et fut nommé architecte de la ville de Lunéville, dont il créa le théâtre notamment.

L’humain derrière l’architecte
Cet homme était un humanitaire visionnaire : Nancy à cet époque eu un regain de population suite à l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne, ce qui doubla pratiquement la population de la ville via les flux migratoires : la pauvreté s’installait.
En réaction, il s’attela à réaliser de beaux logements sociaux pour les ouvriers venus peupler sa ville.
Sa doctrine : l’art pour tous. Il adoptait largement le mouvement de l’Art Nouveau et souhaitait rendre plus accessible l’Art à tout ces nouveaux venus.
Les principales réalisations de Weissenburger
En réalisation phare, il est à l’origine de la brasserie Excelsior de Nancy, les magasins réunis, l’imprimerie Royer ou encore le magasin Vaxelaire.
Quelques photos de son travail :




Nancy doit beaucoup à cet architecte, car il a participé à son essor mais également à la beauté cachée aujourd’hui de certains bâtiments ci et là en ville, que je vois régulièrement et que je ne pensais pas être attribués à un seul homme.
On entend souvent parler de Majorelle ou de Héré quand on pense aux architectes de Nancy, mais je pense que Nancy s’est forgé son identité architecturale via une triade et non un duo !
