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Trèves de présentation,

Dans cet article, nous allons aborder les 3 grands principes de l’architecture classique.

Firmitas, Utilitas, Venustas

Tout d’abord, je ne tire pas ces 3 grands principes de nulle part. C’est Vitruve, qui les édicta au 1e siècle avant JC

Vitruve

Rapidement pour le présenter, Vitruve est la seule référence que nous avons aujourd’hui sur l’architecture à l’époque de l’antiquité classique. Son nom vous dit peut-être quelque chose, car il le prête à l’homme de Vitruve, une célèbre oeuvre de Leonard de Vinci. Il est donc connu de part l’ouvrage de référence de cet âge d’or architectural : De Architectura, un traité d’architecture dédié à l’empereur romain Auguste. Ainsi, on peut dire que Vitruve est le grand-père de l’architecture. Pour résumer sa pensée : l’architecture est un domaine complexe nécessitant des compétences dans pleins de domaines : elle a pour vocation d’imiter la nature, ce qui est l’essence de la conception classique de l’architecture. Ainsi, le nombre d’or et les proportions du corps humain sont utilisées dans la conception des bâtiments afin de les rendre harmonieux.

Homme de Vitruve – Leonard de Vinci

Car oui, les 3 grands principes de l’architecture s’appliquent à tout les célèbres bâtiments que l’on connait de cette époque :

La maison carrée à Nîmes, le théâtre de Lyon, le théâtre de Marcellus à Rome, les thermes d’Agrippa, etc.

Maison carrée – Nîmes

Encore aujourd’hui, nombre de ces bâtiments subsistent aux années qui s’écoulent. Ceux que j’ai cité ont environ 2000 ans.

Ce qui nous amène à traiter du 1er grand principe de ce qu’on appelle la triade vitruvienne : Firmitas : la solidité, la robustesse.

Firmitas : la solidité

Le 1er principe, c’est la solidité. Assez logique, me direz-vous. Car oui, les grands principes de l’architecture selon Vitruve sont simples. Un bâtiment en premier lieu doit être sécuritaire : il ne doit pas s’effondrer à la moindre tempête, ou du fait d’une mauvaise conception.

Ainsi, Vitruve nous posait le principe des fondations : on ne construit pas sur du sable, mais sur un terrain ferme selon ses termes, et surtout, on ne fait aucun sacrifice sur la qualité des matériaux utilisés. Ces belles pierre de couleur blanche ou beige que l’on retrouve le plus souvent dans l’architecture classique sont par exemple la pierre de Lens, un calcaire blanc très homogène aux propriétés proche du marbre, ou encore le travertin.

Carrière de Lens

Le marbre est également très utilisé pour la conception de ces bâtiments, mais aussi la chaux. De façon générale, on utilise de la pierre à bâtir, ou pierre naturelle, c’est à dire une pierre que l’on va extraire en carrière et façonner depuis la roche. La plupart des bâtiments dans ce style architectural sont donc fait de pierre calcaire ou de marbre. Les bâtiments, outre leur solidité, doivent être fonctionnels, c’est le 2e grand principe de l’architecture classique : l’Utilitas : la commodité, l’utilité.

Utilitas : l’utilité

La première loi était la seule qu’on puisse considérer comme immuable avec le temps, universelle. Ce n’est pas le cas de l’utilité cependant. Un bâtiment est conçu avant tout pour servir à quelque chose, c’est une règle fondamentale à laquelle on ne pense pas forcément, mais qui est inhérente à l’architecture : pourquoi je construis ce bâtiment ? Qu’en feront ses usagers ? Quelles sont les mœurs des usagers, quelle est leur culture ?

En bref, l’architecture doit non seulement servir la solidité afin que le bâtiment soit solide, durable, sécuritaire, mais doit également permettre d’obtenir un résultat commode, utile et pertinent vis à vis de ce qu’en feront les usagers. Etant donné que cette loi relève de l’évidence, et que plus les choses sont évidentes, plus elles sont difficiles à expliquer.

Prenons un exemple très simple : vous aménagez une rue dans votre ville. Quelle est son utilité ? Permettre le passage des véhicules ? Seulement des piétons ? Permettra-t-elle aux véhicules de désengorger d’autres routes en passant par celle-ci ? Est-elle destinée à acheminer les citoyens vers un quartier résidentiel, ou une zone industrielle ? Les locaux utilisent-ils en majorité la voiture, le bus, le vélo ou la marche pour accéder aux alentours ? Serait-il commode d’y ajouter des arbres, des bancs, des poubelles ?

Autant de facteurs à prendre en compte qui peuvent rendre une route désastreuse ou simple d’utilisation. Une bonne rue aura été conçue en prenant en compte les habitudes des locaux, le type de véhicule qui doit y circuler, afin d’aménager sa taille, la quantité de place pour se garer ou marcher etc. Vous pouvez désormais aisément comprendre que l’utilité à beau être évidente, elle n’est pas pour autant facile à mettre en œuvre dans certains cas. Passons maintenant à Venustas, la beauté.

Venustas : la beauté

Quand on pense à l’architecture classique, on pense à ces magnifiques bâtiments datant soit de l’antiquité, soit de la renaissance. Sont associés à la beauté tout les ornements, appelés également modénatures.

On retrouve par exemple les colonnes, qui furent à la base inventées en vue de magnifier les temples, et furent utilisées exclusivement dans ces types d’édifices. Elles n’ont pas vocation à supporter la charge de l’édifice, et ce qui ne sert pas la solidité sert la beauté de façon générale. Comme type de modénatures classiques permettant de sublimer un ouvrage, on retrouve souvent les colonnes, les frontons, sortes de triangles gravés d’un motif ou d’une scène, les chapiteaux, c’est à dire la partie reliant la colonne au reste du bâtiment, les entablements, juste aux dessus des chapiteaux, souvent ornés ou encore les pilastres, ces colonnes incorporées dans les murs.

Une illustration nommant les principales parties d’un bâtiment d’architecture classique

Afin d’agrémenter un édifice, les Anciens avaient une règle simple : s’inspirer de la nature. Ainsi, les bâtiments reprenaient les proportions du corps, telles que retrouvées dans l’homme de Vitruve. On sait que le nombre d’or permet d’établir bons nombres de calculs afin de rationnaliser la beauté d’un édifice, l’harmoniser dans son ensemble, pour que ses parties forment un tout cohérent et symétrique : la symétrie est au cœur de l’architecture classique : les portes d’entrées sont centrées, les fenêtres espacées à intervalle réguliers, les ornements sont symétriques, la gauche et la droite du bâtiment sont identiques (sauf peut-être les sculptures)… Bref, les Anciens avaient compris que ce qui est beau est souvent symétrique, proportionné, à l’instar d’un corps.

Les Grecs utilisaient le terme d’Eurythmie pour qualifier l’harmonie de l’ensemble d’un édifice, et disaient que c’était là le principe même de la beauté : la justesse.

Conclusion

Vous connaissez désormais les 3 grands principes de l’architecture classique : Firmitas, Utilitas, Venustas.

En architecture, on conçoit en ayant en tête la solidité du bâtiment, les propriétés des matériaux, de l’environnement, son utilité, la façon dont on l’agence afin de le rendre agréable, et enfin sa beauté, objective selon les Anciens, via les principes d’eurythmie, les modénatures et les proportions.


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